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Un siècle d'histoire entre Draveil et Juvisy

Le franchissement de la Seine à cet emplacement est une histoire de reconstructions successives.

Avant 1894
La traversée de la Seine s'effectue en bac, mais le développement de la gare ferroviaire de Juvisy-sur-Orge rend nécessaire la création d'un pont. Dès 1890, une société privée est créée pour envisager la construction d'un pont à péage. Mais l'Etat décide finalement de prendre en charge le coût de cet ouvrage.
de 1890 à 1894
Un pont en treillis métallique est construit. Sa structure, assemblée sur la berge longue de 163 mètres et pesant 400 tonnes, repose sur deux piles coulées dans la Seine. Cela représente une prouesse technologique majeure pour l'époque.
Carte postale ancienne · pont de Juvisy-Draveil (source POP)
1940
Pour endiguer l'invasion allemande, la travée centrale du pont est dynamitée en 1940. Elle sera réparée en 1942.
1944
Un bombardement allié endommage fortement le pont en avril 1944. Celui-ci est réparé progressivement, d'abord pour les piétons puis pour les véhicules, jusqu'en 1946. Cette réparation durera plus de vingt ans.
1951
La construction d'un nouveau pont est décidée. Son emplacement exact et ses principes de construction font l'objet de longs débats. Finalement, le principe d'un pont en béton précontraint est retenu.
1968
L'ouvrage actuel, en béton, est livré. Il est constitué de blocs en béton préfabriqués en usine et assemblés sur place. La tension des câbles en acier situés à l'intérieur des blocs permet de renforcer l'ouvrage.
1970
Le pont prend le nom de la Première armée française, commandée par le général de Lattre de Tassigny, en hommage à son rôle dans la Libération.
Aujourd'hui
L'étroitesse des trottoirs ne répond plus aux normes d'accessibilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite (PMR), et la structure montre des signes de fatigue naturelle imposant à terme son renforcement.

L'historique de l'opération

La création d'une passerelle séparée traversant la Seine, à destination des piétons et cyclistes, a initialement été envisagée. Cela aurait nécessité l'implantation de piles dans le lit de la Seine, mais aurait eu un impact environnemental important. Il aurait donc fallu prouver que des solutions non impactantes n'étaient pas faisables techniquement ou économiquement.

Cela a conduit à envisager un élargissement plutôt qu'une passerelle. Plusieurs techniques (bois, métal, béton...), ont été étudiées et analysées au regard de critères importants (techniques, financiers, confort des utilisateurs, coûts de maintenance). C'est le Béton Fibré Ultra Performant qui a été retenu.

Le choix d’une concertation citoyenne

Outre les solutions d'élargissement, une proposition incluant la suppression d'une voie a été étudiée, puis testée sur site en septembre 2022. Cela a permis d'enrichir la concertation qui a suivi, en novembre et décembre 2022.

A cette occasion, plus de 500 avis ont été exprimés sur les registres papier et numérique. Le questionnaire portant sur la circulation a également été complété par plus de 500 personnes, alors que celui concernant l'insertion paysagère a intéressé près de 160 contributeurs.

Le scénario d'un élargissement par encorbellement a été plébiscité largement pour sa capacité à répondre aux enjeux de circulation pour tous les usagers, et de sécurité en partageant les espaces clairement.

C'est donc l'élargissement qui a été choisi par le Département de l'Essonne, permettant d'entamer les études détaillées, puis de consulter les entreprises et d'analyser les offres entre mars 2023 et avril 2026.

Le marché de travaux a été attribué le 14 mai 2026, entamant ainsi une période de préparation de 4 mois.